vendredi 7 janvier 2011

Article FORESEEN : "Du corps machine à la santé harmonique"

Photo de Marie Bodet : Le Hêtre (environ 500 ans), message de tolérance

FORESEEN

Observatoire international des tendances sociologiques

"Du corps machine à la santé harmonique"

Une recherche Pilotée par Bernard Cathelat pour Havas Advertising

PLON Editeur 1999

Introduction

La civilisation du vivant

"Loin de se résumer à ses fonctions biologiques, le corps humain est aussi et surtout un objet symbolique, une construction culturelle. Le corps humain, ou plus exactement la place que les hommes veulent bien lui assigner dans leurs systèmes de représentation, fait l’objet de mutations qui ne sont pas uniquement génétiques. Selon que les hommes maltraitent, dédaignent, méprisent ou bien au contraire aiment, préservent, ou encore subliment leur corps, la civilisation qu’ils construisent est différente. Le refus du corps a marqué pendant des siècles la civilisation de l’Occident chrétien, le corps ne méritait pas nos soins. Le corps portait la faute et incarnait la culpabilité. Il fallait continuellement l’éprouver, le contrôler et le contraindre pour gagner son salut. La mort n’était pas hideuse, elle délivrait simplement les hommes de leur enveloppe charnelle.

Le XXe siècle marque un renversement brutal de cette tendance, le corps est devenu l’objet de tous les soins et notre âme ne nous préoccupe qu’à partir du moment où ses souffrances perturbent nos corps. La somatisation a remplacé la mortification et les stigmates ne sont plus que des symptômes. Il n’est plus question, aujourd’hui de torturer son corps pour purifier son âme mais de purifier son âme pour qu’elle ne torture plus nos corps. Le médecin et le psychanalyste ont définitivement triomphé du prêtre et du confesseur. Notre vision du corps a changé et notre civilisation a basculé.

Ainsi, derrière la conception que nous nous faisons de la santé, de la maladie ou du bien-être, se profile une véritable philosophie du vivant. Des questions fondamentales peuvent alors être posées. Où passe la frontière entre la vie et la mort ? Où est la normalité ? Notre corps doit-ils être préparé pour rester, le plus longtemps possible, source de plaisir et objet de satisfaction, ou bien la médecine doit elle se contenter de soigner les dysfonctionnements d’un corps machine ? Qu’est-ce qui dans le corps humain, relève encore du Sacré et de l’intouchable sur nos destinées physiques ? Où commencent et où se terminent les droits de l’individu sur un corps qui appartient au corps social ? Quels doivent être les liens, les échanges et enfin les interactions entre le corps et l’esprit, entre chacun de nous et le reste du monde vivant ? Autant de question dont les réponses dessinent l’identité d’une civilisation.

Aujourd’hui, après la révolution des corps commencée dans les souffrances physiques de la Grande Guerre et achevée dans les plaisirs de la libération sexuelle, une nouvelle révolution s’annonce, celle de la santé. Le corps ne sera plus demain cet objet dont on use et abuse et que l’on abandonne, une fois brisé, à la toute puissance d’une médecine mécaniste mais le sujet autonome d’une médecine holistique. Une conception de la santé renouvelée, où les médecines se montrent soucieuses de préserver l’harmonie entre le corps, l’esprit et la nature.

Cette nouvelle approche de la santé annonce un changement radical de nos attitudes dans bien des domaines. A ce titre, tout le monde est concerné et se doit d’être informé de la mutation qui se prépare. Les religieux, les philosophes, les juristes et les politiques, parce que c’est à eux que revient de définir les règles morales et juridiques qui délimitent la frontière entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas quand on touche à la vie. Les débats toujours passionnés qui entourent des sujets comme la contraception, l’avortement, l’euthanasie ou plus récemment le clonage en sont l’illustration. Les économistes, les gestionnaires, les administrateurs et les politiques parce qu’ils doivent décider des investissements, de leur affectation des programmes de recherche de l’organisation de la santé publique et des prestations maladies.

Les professionnels de santé, à l’évidence, car la conception de la société se fait de sa santé, induit la demande comme les attentes et détermine les comportements.

Les entreprises commerciales car les produits et les prestations seront de plus en plus culturellement investis d’une connotation santé en accord avec les aspirations nouvelles des consommateurs. C’est le cas, notamment dans les domaines de l’alimentation, de la beauté, du sport et des loisirs. Mais ce qui est vrai pour une politique commerciale l’est aussi pour la communication qui accompagne et accélère les modèles et les comportements sociaux. Les médias, enfin, parce qu’ils ont un rôle pédagogique majeur à jouer dans ce domaine, même s’ils doivent pour cela entrer en concurrence avec les professionnels de santé.

Foreseen vous invite à découvrir cette nouvelle tendance sociologique fondamentale d’une conception de la santé renouvelée parce qu’elle redéfinie notre approche du vivant."



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Courriel : miraflor.b@wanadoo.fr

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